Mes soucis, mes idoles đźŽ

Je dis ça parce que je l’ai vécu sans même m’en rendre compte.
Enfant, j’étais très solaire, insouciante, avec un cœur large. Je ne savais pas m’inquiéter longtemps. Mais en grandissant, le monde s’est élargi : les amis, les amours, les réseaux sociaux ont semé en moi une petite anxiété sociale. Je me demandais assez régulièrement : comment vont-ils me percevoir ? Est-ce que je plais ? Serais-je exclue ? Ces questions étaient très sérieuses pour moi, parce que derrière chacune d’elles se cachait la même peur: le rejet. Le danger ultime.
En avançant vers l’âge adulte, les soucis ont grandi avec moi, mais ces derniers devenaient un peu plus sérieux : la peur de rater ma vie, la peur de faire des erreurs, de suivre la mauvaise voie, de faire les mauvais choix. Je ne me suis pas rendue compte du moment précis où je suis devenue une personne anxieuse, mais une épreuve particulièrement difficile m’a révélé quelque chose : mon cœur avait subi une cassure invisible mais profonde. Je croyais que Dieu nous aimait, oui, mais je n’étais plus convaincue que Dieu m’aimait moi. L’expérience me l’avait enseigné, et mon âme (la belle capricieuse) l’a bien intégré. Alors j’avais cessé de compter sur lui. Non pas par orgueil ou par caprice, mais parce que je pensais que c’était la chose à faire. Je me disais qu’en tant que « grande », il s’attendait à ce que je sois indépendante de lui et que je commence un peu à compter sur moi afin de voir ce qu’est vraiment la vie.Et c’est ainsi que mon cœur a ouvert la porte aux soucis. De manière silencieuse.

On ne s’en rend pas compte, mais une fois qu’on commence à croire que Dieu ne nous aime pas tant que ça, qu’il attend la perfection de nous, on aura du mal à se reposer sur lui, à lui faire confiance et à se trouver légitime d’aller devant sa face avec assurance.
Les soucis avaient une place assise dans mon cœur. Je portais tout sur mes épaules, passant mon temps à chercher comment je m’en sortirais, comment je renouvellerais mes forces, seule.
Quand mes soucis deviennent l’objet de ma contemplation.
Contempler, c’est fixer son regard sur quelque chose, s’y arrêter, le laisser nous atteindre et s’imprégner en nous. La Parole dit que plus nous contemplons Christ, plus nous sommes transformés de gloire en gloire à son image (2 Corinthiens 3:18). Nous finissons par ressembler à ce que nous contemplons. Mais notre cœur peut contempler autre chose que Christ.
Pour ma part, j’avais pris l’habitude de contempler mes soucis. Les ruminer, y revenir encore et encore sous tous les angles et à tout moment. Je me disais que c’était nécessaire, que c’est en y réfléchissant que je trouverais une solution. Mais c’était tout le contraire. Plus je ruminais, plus je m’enfonçais. Mes soucis contemplés avaient fini par habiter mon corps : j’avais des maux de dos intenses, d’importants troubles du sommeil, mon esprit était agité. Je les avais laissés entrer à ce point. Je leur ressemblais. J’étais tout simplement stressée, envahie, tendue et alourdie. Et sans m’en rendre compte, je leur avais donné dans mon cœur la place et l’attention qui n’appartiennent qu’à Dieu.

Déposer mes soucis pour couronner Christ dans mon cœur.
Quand j’ai réalisé la place que les soucis occupaient dans mon cœur, j’ai commencé à me remettre en question. J’ai un tempérament mélancolique (tout en restant sanguine, je le précise) et cela signifie qu’il m’est naturellement plus facile de laisser mon cœur plonger dans les profondeurs de l’inquiétude. Mais j’ai appris à me recentrer sur Jésus. Et cela a commencé par une chose fondamentale : accepter et comprendre, vraiment, que Dieu m’aime. Pas seulement le monde en général, mais moi personnellement. Jabea.
Lire ma Bible m’a permis de saisir son cœur à mon égard, de comprendre la grâce, de réaliser que j’ai une place légitime parmi les siens. Que je peux m’approcher de son trône non pas avec crainte, mais avec assurance. Mais ce qui a surtout transformé ma pensée, c’est de comprendre que cette approche doit se faire avec foi. Parce que sans la foi, il m’est impossible de lui être agréable (Hébreux 11:6). Et je ne peux pas avoir foi en mes soucis (dans tous les scénarios catastrophiques que j’imagine) et avoir foi en Dieu, en son amour et en son intervention. Les deux ne peuvent pas coexister. Quelque chose doit lâcher et quitter la scène, et ce choix me revient.C’est là que j’ai mieux compris ce verset :
“Déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, car il prend soin de vous.” — 1 Pierre 5:7
Dans la version Amplifiée en anglais, le verset dit :
“Casting all your cares [all your anxieties, all your worries, and all your concerns, once and for all] on Him, for He cares about you [with deepest affection, and watches over you very carefully].” — 1 Peter 5:7 (AMP)
Ce verset m’a parlé autrement. Ce n’est pas une invitation douce et vague. C’est un acte. Un dépôt. Une décision.
J’ai dû décider de me battre (avec moi-même). Décider de déposer mes soucis. Et décider de ne contempler qu’une seule personne dans mon cœur : Jésus-Christ. C’est lui qui mérite mon attention, mon adoration et mon temps. Et c’est là qu’on réalise que cette marche demande d’être de plus en plus intentionnel chaque jour.

Les soucis peuvent réellement devenir des idoles si on ne choisit pas de les déposer à ses pieds. C’est soit eux qui nous dominent, soit nous qui dominons sur eux. Il n’y a pas de juste milieu. Être convaincue de son amour nous rassure dans nos cœurs et nous permet de croire ses paroles, mais surtout, nous permet d’être convaincue que peu importe ce qui se passe, le Dieu qui nous aime prend soin de nous.
C’est au travers de cette expérience que j’ai compris qu’il relevait de ma responsabilité (je devais être intentionnelle) de porter les yeux de mon coeur sur Christ, et de les détourner de tout ce qui pouvait me distraire de la paix que je trouve en lui.

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