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Je n’écris pas pour tout le monde...et c'est bien comme ça.

6 mars
3 min de lecture


Hi!


Si tu ne me connaissais pas encore, moi c’est Jabea, Jabsy pour les intimes. J'écris depuis que je suis toute petite.


Quand ma soeur et moi avons eu nos premiers ordinateurs ( vers 8 ou 9 ans) , nous nous amusions à écrire des histoires. On laissait libre cours à notre imagination. On créait des mondes, des utopies et des récits aussi interessants que farfelus. Puis, sans trop savoir pourquoi, nous avions posés notre plume.


Plusieurs années plus tard, le naturel est revenu au galop. J’ai recommencé à écrire, oubliant que je le fais depuis petite. Sauf que cette fois-ci, je ne racontais plus des histoires inventées, je racontais mon histoire. Je parlais de mon coeur, je partageais mes expériences, mes pensées. Alors, j’ai commencé à rendre mes mots publics. Mais c’est là que tout s’est compliqué dans mon esprit.


Je n’écris pas pour tout le monde.


C’est quelque chose que je n’avais pas encore compris.

Je pensais que toute personne qui tombait sur mes textes pourrait s’identifier à ce que j’écrivais. Plus je partageais, plus je recevais des retours touchants, des messages de personnes qui me disaient que mes mots les aidaient, les relevaient, les consolaient. Mais pourtant, le problème était ailleurs. Sans m’en rendre compte, je m’étais détachée de mon cœur, du pourquoi même j’avais commencé à écrire.


L’écriture pour moi est un moyen de me connecter à mon âme. Au travers d’elle, j’arrive à mettre de l’ordre dans mes pensées, à voir plus claire, à me comprendre. J’apprends, je me parle, je me découvre. Ce n’est que lorsqu’elle a fait son travail en moi que je le partage avec les autres.


Mais à un moment donné, je me suis coupée de cet ordre, et j’ai commencé à écrire uniquement pour les autres. En plein dans cette culture du “faire pour être”, (et aussi à cause de l’ère des réseaux sociaux où tout le monde semble devoir exister, performer, prouver quelque chose…) j’ai cru que je devais exister à travers mon écriture. Comme si écrire devenait une preuve de ma valeur. Je ne me l’avouais pas, mais ce besoin caché était bien là. Et sans le réaliser, je me déconnectais de moi-même. Je ne suivais plus mon propre processus, l’ordre de mon inspiration. Or, c’est en écrivant pour moi que je fais sortir ce qui vit en moi. C’est là que ça respire, c’est là que ça guérit. À force d’écrire sans cette vérité, je me sentais déconnectée. Alors j’ai préféré tout arrêter.


Et c’est après que j’ai compris…

C’est dans cette retraite que j’ai compris que je n’écris pas pour tout le monde, mais uniquement pour les personnes à qui ces textes sont destinés. Je n’avais pas à diluer mon message pour convenir au public. J’avais à être moi, à partager mon histoire et mes perspectives, à rester authentique. Bien que ça reste très inconfortable, c’est le seul chemin vers ma liberté.


Inconfortable mais nécessaire.

C’est inconfortable, oui, mais nécessaire. C’est le seul chemin qui permet d’affronter la peur. Le seul qui fait grandir, car on ne dépasse rien en restant “à l’abri”. À force, on comprend quelque chose de simple : nos peurs ne sont pas des murs; ce sont des ombres. Et une ombre ne tient que tant qu’on n’ose pas marcher vers elle.


Et si rien ne nous faisait peur ?

J’ai aussi compris que la peur pouvait avoir du bon. Sans elle la vie serait plate. Ce sont ces peurs dépassées qui nous donnent un goût de conquête, une vie de victoire. Elles augmentent notre confiance et nous prouvent qu’on peut se dépasser. Oui, ça fait peur, mais nos peurs, vues sous un autre angle, peuvent devenir des portes vers une version de nous beaucoup plus forte, beaucoup plus alignée.

 
 
 

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